2 - Restauration, 1815-1830
Après la défaite de Waterloo, la Nièvre, comme beaucoup d’autres départements, est occupée par les Autrichiens, Hessois et Wurtembergeois. Ces soldats réquisitionnent des fers dans les forges royales, par exemple à Nevers.

Louis XVIII se réinstalle sur le trône en juillet 1815. La répression s’engage envers les adversaires des Bourbons. Sous la “Terreur blanche”, on installe des cours prévôtales. Ces tribunaux d’exception sont chargés de juger les individus séditieux par rapport au régime (bonapartistes et révolutionnaires). En juillet 1816, la cour prévôtale de la Nièvre juge Louis Thinon, horloger de Luzy, coupable de propagande bonapartiste contre l’autorité royale, et le condamne à la déportation. Parmi les pièces à conviction saisies, se trouvent un placet que Louis Thinon a affiché sur le mur de l’église de Luzy en avril 1815, ainsi que des carnets de chansons (dont La Marseillaise) et une cocarde tricolore.

La royauté restaurée s’emploie à glorifier l’image de la dynastie des Bourbons. Toutes les occasions sont bonnes pour rassembler le peuple autour de cérémonies en l’honneur de la famille royale. On célèbre les événements joyeux, comme le sacre en grande pompe de Charles X à Reims en 1825, qui donne lieu à des festivités dans les communes. On commémore aussi le souvenir de la famille de Louis XVI. Ainsi, tous les ans, le préfet envoie une circulaire aux sous-préfets (qui eux-mêmes relaient l’information auprès des municipalités) afin d’organiser un service solennel en mémoire de la reine Marie-Antoinette. Le sous-préfet de Clamecy Charles-André Dupin, fidèle au pouvoir en place, prononce en 1820 des discours pour déplorer l’assassinat du duc de Berry (fils du comte d’Artois, le futur Charles X), et quelques mois plus tard pour célébrer la naissance de son fils posthume le duc de Bordeaux. Il est amusant de constater qu’à la même époque son fils André Dupin, avocat à Paris, plaide pour défendre le chansonnier Béranger qui attaque le pouvoir.