3 - Monarchie de Juillet, 1830-1848
La révolution de juillet 1830 écarte du pouvoir le régime conservateur de Charles X. Le 9 août, Louis-Philippe devient roi des Français. Sous la Monarchie de Juillet, la bourgeoisie libérale s’impose.

Avocat et conseiller de la famille d’Orléans depuis 1820, André Dupin incarne le nouveau régime de manière emblématique et accède aux plus hautes fonctions judiciaires et politiques. Il préside la Chambre des députés de 1832 à 1839. L’huissier de la Chambre, F. Saint-Eloy, offre à Dupin un Tableau figuratif de la Chambre des députés en 1832 qu’il a réalisé. “Dupin Aîné” y est mentionné au “Bureau de M. le Président”. Les autres députés nivernais sont le comte Louis Etienne Hector Le Peletier d’Aunay, Louis Boigues et Antoine-Narcisse Lafond. Charles Dupin, le frère cadet d'André, siège quant à lui comme député de la Seine.

Sous la Monarchie de Juillet, l’activité législative est intense. On promulgue en 1833 la loi Guizot sur l’enseignement primaire, texte fondamental puisqu’il oblige notamment chaque commune à entretenir une école primaire. A Nevers, l’enseignement public est concurrencé, entre autres, par les Frères des Ecoles chrétiennes installés en 1821. L'un de leurs élèves réalise en 1845 un très beau cahier d’écriture illustré.

Les ministères se succèdent assez rapidement. Dans un discours imprimé en 1839, Dupin livre des réflexions piquantes sur la complexité des combinaisons ministérielles, et rajoute à la main sur la première page : "et je n'ai pas tout dit!..." L'une de ses déclarations suscite l'hilarité parmi les députés, qui connaissent sa capacité à s'accommoder des changements de tendances politiques : "vous savez tous que je me tiens en-dehors des partis"...

La nouvelle dynastie au pouvoir utilise les mêmes outils de propagande que les Bourbons déchus : on célèbre les événements marquants du régime comme les Journées de Juillet, on glorifie la personne du monarque en célébrant la fête du roi, chaque 1er mai, dans les communes (jeux, revues militaires, illuminations…). Au cours de son règne, Louis-Philippe est visé par de nombreux attentats. Lorsqu'elles apprennent ces événements, les municipalités s’empressent d’écrire au souverain pour condamner ces actes et témoigner de leur fidélité.

 L'année 1832 est marquée par une épidémie de choléra qui sévit en France entre mars et octobre ; elle fait environ 100 000 victimes. Les bulletins quotidiens des autorités locales rendent compte de son extension.

En 1840, dans un élan de réconciliation avec l’héritage de la Révolution et de l’Empire, on autorise le retour en France des cendres de Napoléon.