4 - Deuxième République, 1848-1851
La Révolution de février 1848 donne naissance à la Deuxième République. Le gouvernement provisoire prend des mesures libérales importantes (instauration du suffrage universel, abolition de l’esclavage…). Les Républicains peuvent enfin s'exprimer librement. On voit éclore une presse socialiste et révolutionnaire, comme l'éphémère journal d'Ulysse PicLa Sentinelle.

Les candidats aux élections législatives de 1848 présentent leurs programmes dans des tracts largement diffusés. Même les députés sortants bien établis localement, comme André Dupin, se plient à l'exercice pour séduire les nouveaux électeurs. En 1850, le Républicain Jules Miot attaque Dupin dans une brochure satirique où il fait dialoguer la cloche de Gâcogne et le beffroi. Celui-ci, symbolisant les libertés du peuple, veut faire taire l’orgueilleuse cloche et ses parrains prestigieux, les époux Dupin.

Le gouvernement républicain tente de résorber la crise économique et sociale qui aggrave le chômage des ouvriers. On crée des comptoirs d’escompte pour favoriser le crédit et développer l’économie. Celui de Nevers est fondé en 1848 par Alexis Frébault, futur maire de la ville.

Les populations des campagnes sont fragilisées par une crise agricole. A peine installés, les sous-commissaires du gouvernement républicain pour l’arrondissement de Château-Chinon doivent faire face à des émeutes rurales. Les paysans revendiquent des droits d’usage en forêt dans les domaines des grands propriétaires. Le 18 mars 1848, les autorités diffusent dans l’arrondissement une Proclamation aux habitants du Morvan, pour les contraindre à respecter les propriétés.

A l’enthousiasme de 1848 succèdent les désillusions. Le coup d’Etat de Louis-Napoléon Bonaparte en décembre 1851 entraîne des révoltes dans la Nièvre, particulièrement dans la région de Clamecy. Des opposants sont arrêtés et déportés. Les autorités dressent des listes des hommes à surveiller, par exemple Antony Duvivier (1814-1862, instituteur, journaliste républicain, défenseur de la laïcité) en
1852 dans l'arrondissement de Château-Chinon.