2 - Une histoire née au cœur de la guerre

Dès l’ouverture de cette chemise, de nombreux baisers, divers et variés, sautent aux yeux. Il s’agit de cartes postales envoyées par « Margot » à « Mon Louison » ; la plupart sont illustrées au recto de scènes de baisers fougueux et datent de 1918-1920.

 

Louison

Une rapide recherche nous permet de découvrir l’identité véritable de Louis Martin. Il s‘agit de Louis (Auguste, Pierre, Simon) MARTIN. Lorsqu’il reçoit ces lettres, il est employé à la Préfecture de la Nièvre. Auparavant, il était militaire. Né le 28 décembre 1874 à Peyrat-le-Château dans la Haute-Vienne, il s’était engagé, le jour de ses 18 ans.

Après 18 ans de carrière dans l’infanterie, il avait quitté l’armée en 1910 avec le grade d’adjudant et avait intégré alors la Préfecture de la Nièvre comme « Expéditionnaire de 7ème classe ». Rappelé le 1er août 1914, dans l’infanterie territoriale, il « fait » sa guerre, comme capitaine et en rapporte une blessure au bras, la Légion d’honneur (chevalier, le 5 août 1917) et sa Croix de Guerre avec 4 citations (à l’Armée, au Corps d’Armée, à la Brigade et au Régiment). Durant le conflit, il entretient une correspondance avec sa marraine de guerre « Margot ».

Libéré en novembre 1919, il reprend son poste à la Préfecture. Il retrouve également sa femme, Albertine et sa fille Simone. En effet, le couple s’était marié en 1904 et avait eu une fille deux ans plus tard.

 

Il entre aux archives en 1923, comme rédacteur de 3è classe. Il s’occupe particulièrement du dépôt légal des périodiques et du classement des sous-séries 3 E (Notaires) et 4 E (Etat civil). Il est ainsi l’auteur en 1933 du « Répertoire provisoire des minutes notariales ».

Il a également la lourde charge de surveiller le transfert des dossiers dans le nouveau bâtiment des Archives départementales édifié en 1927, rue Charles-Roy.

 

Sa carrière prend fin 1934 en obtenant le titre de sous-archiviste et ses longs services à la préfecture sont récompensés par l’obtention des Palmes académiques. Il décède le 18 décembre 1942, après s’être retiré en juin 1940 dans sa petite propriété de Parigny, à Jaunay-Clan dans la Vienne.